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vendredi 14 mai 2010

Résistons contre l’extrême droite espagnole

Vendredi 14 mai 2010 le juge Baltasar Garzon vient d'être suspendu de ses fonctions
Soutenons-le avec plus de vigueur dans ses actions pour la défense des droits de l'homme


Aujourd’hui, 65 ans après la capitulation nazie, les crimes racistes, la xénophobie et les idées d’extrême-droite progressent dangereusement à travers l’Europe notamment en Italie, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Russie et récemment en Hongrie et en Autriche.
Aujourd’hui en Espagne le juge Garzon, celui-même qui ordonna, en 1998, l’arrestation de l’ex-dictateur chilien Pinochet au nom de la justice universelle, est sur le point d’être suspendu de ses fonctions. Il est poursuivi pour avoir voulu enquêter, fin 2008, sur les crimes franquistes de la guerre civile (1936-1939) et sur la répression de la dictature (1939-1975) alors que les faits seraient couverts par la loi d'amnistie votée en 1977, deux ans après la mort de Franco.
La faute du juge Garzon est d’avoir, à la demande des familles de victimes, voulu ouvrir une instruction contre le franquisme et ses crimes contre l’humanité, donc imprescriptibles : 150.000 républicains disparus dans les fosses communes, 30.000 enfants volés.
Cela a provoqué les plaintes des groupes fascistes « Mains propres » et « Identité et liberté » et par les restes du parti franquiste la «Phalange espagnole » qui s’appuient sur la loi d’amnistie, et le juge Garzon va être jugé par ses pairs.
L’un des ‘’exécuteurs’’ de Garzon, le juge Adolfo Prego, est membre de l’Association néo-franquiste de défense de la nation espagnole.
Selon la presse espagnole le procès risque d’être expéditif et si M. Garzon est reconnu coupable il peut être condamné à une peine de 10 à 20 ans d’interdiction d’exercer son métier d’avocat.
Le cinéaste Pédro Almodovar déclarait récemment « qu’une condamnation serait une nouvelle victoire de Franco »
De son côté, José Blanco, n° 2 du Parti Socialiste espagnol a « du mal à comprendre que des phalangistes puissent asseoir sur le banc des accusés celui qui s'est efforcé de réhabiliter la mémoire des victimes de la dictature".
Miguel-Angel Rodriguez, professeur de droit international, souligne que : « Depuis Nuremberg, dès lors qu’il y a crimes contre l’humanité, ils sont imprescriptibles. » Le pacte international de droit politique et civil de 1966, ratifié par l’Espagne avant la loi d’amnistie, oblige à juger tous les crimes. La convention européenne des Droits de l’homme (art. 7-2), à laquelle l’Espagne a adhéré, dit la même chose. Ces traités internationaux, priment sur la loi espagnole. Le Tribunal européen des droits de l’homme a déclaré incompatibles les lois d’amnistie avec l’obligation d’enquêter sur les actes de barbarie.
La probable destitution d’un juge qui dérange vise à protéger l’impunité du franquisme et à donner un coup d’arrêt au combat pour reconquérir la mémoire et la République en Espagne. Elle serait un naufrage pour la démocratie espagnole. »
Pour soutenir le Juge Garzon dans sa lutte pour la défense des Droits de l’Homme, intervenez et signez massivement toutes les pétitions en ligne et notamment
http://www.lapetition.be/petition.php?petid=7237

Participez aux côtés de « Résister Aujourd’hui » à toutes les manifestations de soutien.

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